Mes romans :
Je vais tout d'abord vous parlez de mon premier livre : Le pacte du sang. Il est tout de même assez brouillon il faut dire c'est mon tout premier. Je précise aussi que je n'écris que du fantastique (pour le moment du moins). Enfin sinon voici le résumé :
Daniel Warane est détective privé et mène une vie bien tranquille. Lorsque l'une de ses enquêtes se passe mal. Il est sur le point de mourir quand le diable apparaît et lui fait signer un pacte en oubliant de préciser LA condition : l'un des membres de sa famille va mourir. Peu de temps après, Corinne, sa femme, tombe enceinte...
Le début :
Chapitre 1 : L’enquête
Tout commence un soir d’été. Il fait chaud. Daniel est dans son bureau.
Il est 17h, une jeune femme rentre dans son agence de détective privé. Après s’être installée, elle se présente et lui explique les faits :
- Je m’appelle madame Maslen. Voilà trois semaines que mon fils, William a disparu. La police n’a rien trouvé et on m’a conseillé de venir vous voir.
- Racontez-moi le jour où il a disparu.
- C’était le mercredi 25 juin. La journée s'est déroulée normalement, puis à 17h, je suis rentrée chez moi. William avait entraînement de foot jusqu'à 16h30. Il rentre à pied et met environ quinze minutes. Mais là il n’y avait personne à la maison. J'ai essayé d'appeler sur son portable, mais il était éteint. J’ai contacté ses amis, savoir si William était chez eux, mais toujours rien. A 19h, j'ai appelé le commissariat. La police dit que toutes les preuves montrent que c’est un enlèvement et non une fugue. J’ai vraiment peur pour mon fils.
- Avez-vous une photo de votre enfant ?
- Oui, bien sûr, j'y ai pensé.
Daniel contemple la photo d’un jeune garçon d’environ treize ans. Il a des yeux marron et des cheveux bruns coupés court.
- Vous dites que la police n’a rien trouvé ?
- Non, ils ont refait tout le parcours qu’emprunte mon William, ils sont allés au terrain de football et ils n’ont rien vu, explique la mère du garçon en sanglotant.
- Ne vous inquiétez pas, je vais le retrouver, affirme Daniel en consolant la jeune femme. Je vais faire tout mon possible. Je vais m’y mettre tout de suite. Par contre, si cela ne vous embête pas je vais vous poser des questions.
- Non, allez-y, je veux tout faire pour vous aider.
- Bien, tout d’abord, avez-vous une idée de qui peut être le kidnappeur de votre fils ?
- Récemment, je me suis fâchée avec mon mari, cela fait déjà une semaine qu’il dort chez son frère. Les policiers l’ont interrogé et ont fouillé l’appartement de mon beau-frère. Je lui ai dit que je venais vous voir. Francis n’a jamais voulu avoir d’enfant, il voulait que j’avorte quand j’étais enceinte de William.
- Et à part votre mari ? Personne d’autre ?
- Non, je ne vois vraiment pas. Voici une photo de famille, mon époux est ici.
Le détective regarde un homme blond, assez robuste, d’une trentaine d’années.
- Je vais aller l’interroger à mon tour. Je vais tout faire pour retrouver votre fils madame Maslen. Je vous contacte dès que j’ai du nouveau.
Daniel raccompagne la dame jusqu’à la porte.
- Merci beaucoup monsieur Warane. Au revoir.
- Au revoir.
Il se dirige vers la cuisine, embrasse son fils David et sa fille Camille. Il saisit Corinne, sa femme, par les hanches et lui dépose un baiser sur la joue.
- C’est quoi comme enquête ? demande-t-elle.
- Un enfant disparu.
- Toujours là pour jouer les justiciers.
Daniel rougit sous le compliment.
- Bon je sors pour les besoins de l’enquête et ne m’attends pas pour manger.
- Tu vas où ?
- Au stade.
Il embrasse son épouse tout en passant sa main dans ses cheveux noirs et lisses.
Arrivé au terrain de foot, Daniel inspecte les lieux. Rien. Il joue nerveusement avec sa chevelure brune qui lui arrive au niveau des épaules et tire sur l’une de ses mèches bouclées.
Il demande qu’on lui ouvre les vestiaires. Le gardien repart aussitôt.
En entrant il se tourne vers les placards. Ses yeux marron reflètent un sentiment de panique. Puis il ouvre une porte et là, le corps sans vie de William. Il se dirige vers la sortie, mais là un homme se tient devant lui, un revolver à la main.
- Ma femme m’a dit que tu allais venir, j’ai préféré supprimer le gamin tout de suite.
- Monsieur Maslen, pourquoi avez-vous fait ça, William n’y était pour rien ?
- Je ne voulais pas d'enfant, je l'avais prévenue que je ne la laisserais pas faire.
L’assassin pointe son arme en direction de Daniel.
Le coup part, il s’effondre.
Chapitre 2 : Le pacte
Il ouvre les yeux. L’assassin n’est plus là. Une balle en pleine poitrine lui fait souffrir le martyre. S'il n'appelle pas au secours, il risque d'y laisser sa vie. La douleur l’empêche de crier. Soudain le néon resté allumé explose et la pièce est plongée dans l’obscurité. La lumière revient et un homme aux cheveux noirs et aux yeux rouges se tient à côté de lui.
- Qui êtes-vous ? demande Daniel en suffoquant.
- Le diable et je peux vous aider.
- Je ne vous crois pas, dit-il dans un sourire qui se termine en grimace à cause de la douleur.
L’homme fait voler en éclats plusieurs vitres juste en les regardant.
- Vous allez mourir, dit le diable d’un ton calme, à moins que vous acceptiez mon aide, monsieur Daniel Warane ?
- Vous voulez faire comment ?
- Signez un pacte avec moi et vous verrez.
- Votre petit jeu est très drôle, mais je préférerais qu’on appelle une ambulance.
- Que le SAMU vienne ou non, rien n’y changera, vous mourrez, vous perdez beaucoup trop de sang, ils ne pourront pas vous sauver.
- Vous… vous… vous me faites marcher, vous dites n’importe quoi.
- Pensez à vos enfants et à votre femme, quand ils apprendront que vous êtes mort lors d’une de vos enquêtes. La peine qu’ils auront, votre fils a déjà de gros problèmes sentimentaux en ce moment, ce pourrait être la goutte qui fait déborder le vase. Et en un rien de temps votre femme perdra son mari et son fils, parce que ce dernier s’est suicidé, quelle histoire tragique. Vous ne trouvez pas ?
Ce dernier argument fait tout changer dans la tête de Daniel. « Au pire qu'est-ce que je risque à essayer, » pense-t-il. La pièce qui l’entoure commence à tourner.
- Quelle est votre solution pour me garder en vie ?
- Signez un pacte avec moi, vous verrez, répète-t-il.
- Un pacte avec vous, le diable comme vous dites ? Et sans compromis ?
Satan réfléchit un instant.
- Non, pas de compromis, je suis dans un bon jour.
Daniel hésite encore un peu et finalement :
- Bon d’accord, mais je le fais pour ma famille.
Le diable déroule un morceau de papier, blesse le doigt de Daniel et dépose une goutte de sang sur la feuille. Tout à coup la douleur s’évanouit. Il se relève, plus de blessure.
- Merci, prononce-t-il tout étonné.
- Oh la mémoire me revient. Il y avait bien une condition, c’est vous qui aviez raison.
- Comment ?! Laquelle ?
- Un membre de votre famille va mourir, s’exclame-t-il en éclatant de rire.
- Quoi ?!
Puis Satan disparaît, la police entre, prévenue par un passant qui a entendu le coup de feu.
En entrant chez lui, Daniel raconte tout à Corinne et à son meilleur ami, Jonah, qui habite avec eux, la découverte du corps, sa rencontre avec le père de l’enfant qui lui a tiré dessus, son pacte avec le diable, la condition omise et l’arrestation du meurtrier.
Chapitre 3 : La révélation
Un mois s’est écoulé. Une nouvelle réjouit toute la famille. Corinne est enceinte de trois semaines. Le bébé grandit vite, trop vite ! Sa grossesse tourne vite au cauchemar. À ce stade le bébé a déjà la taille d'un embryon de deux mois ! Au bout du deuxième mois, le bébé, qui est un garçon, lui brise les os rien qu’en bougeant. De plus, elle perd beaucoup de sang pour une raison inexpliquée.
C’est la nuit du 31 octobre, le soir d’Halloween, alors que Corinne est enceinte de trois mois que le bébé se décide à naître.
Daniel, Camille et David sont dans le salon sur ordre du médecin qui s’occupe de l’accouchement qui se déroule dans la chambre. Des cris de douleur déchirent le silence de la maison quand tout à coup on entend des pleurs. Jonah, qui est le médecin, descend les escaliers quelques minutes plus tard, un joli petit garçon dans les bras. Il a les yeux noirs, les cheveux noirs corbeau et la peau pâle.
- Je peux te parler Daniel ? demande Jonah
- Oui, mais d'abord est-ce que Corinne va bien ?
- Oui, ne t'inquiète pas, tout s'est bien passé.
- Ouf !
Les deux hommes pénètrent dans la chambre et s’installent vers Corinne en lui donnant le nouveau-né.
- Donc, ce petit s'appelle Johnny, c'est bien ça ? demande Jonah.
- Oui, acquiescent les deux parents.
- Bon et bien je veux vous parler de choses étranges vis-à-vis de Johnny. Tout d'abord, je n'ai jamais vu de bébé naître au bout de trois mois et bien formé. De plus, il est capable de briser les os. Quand il est né, il avait…
- Il avait quoi ? insiste Daniel.
- Il avait deux crocs au niveau des canines, du sang dans la bouche et il n’a pas de pouls.
- Comment ça pas de pouls ?! Il est bien vivant pourtant ? questionne le père du bébé stupéfait.
- Oui, il est vivant, mais son cœur ne bat pas.
- Non mais c’n’est pas vrai, depuis que j’ai signé ce foutu pacte, tout va de travers, la grossesse de Corinne a été un vrai cauchemar et maintenant le bébé est étrange, hurle Daniel.
- Ne parle pas trop fort s'il te plaît mon chéri, le bébé s'est endormi.
- Non mais franchement, il y a de quoi crier, tu te rends compte que notre enfant est mort ! Enfin physiquement, ce n’est même pas un être humain, qui sait ce que ça peut être !
Daniel repense à ce qu’il vient de dire.
- Physiquement mort… La condition, la condition du diable c’était ça !
- Déjà quelque chose de trouvé, il reste plus qu’à savoir ce que c’est.
Corinne regarde les deux hommes qui essaient de chercher une réponse à leur question.
- Daniel ! Tu te rends compte que tu parles de notre fils comme d’une chose, d’un objet ! Il est peut-être mort mais il vit, comment je n’en sais rien mais il est là et je sais que c’est mon enfant et que je l’élèverai exactement pareil que Camille et David. Alors aie un peu de respect.
- Oui, excuse-moi ma puce, dit-il en l'embrassant tendrement et en déposant un baiser sur le front du nouveau-né.
- Sa peau est toute froide…, s’exclame Daniel.
- Bon récapitulons ce que nous savons sur Johnny, commence Jonah.
- Deux crocs, une peau glaciale et blanche, pas de pouls, énumère le père de Johnny. Et ce sang dans la bouche, t’en pense quoi ?
- Hé bien j’y ai réfléchi et je pense que le bébé se nourrissait du sang de sa mère, sachant qu’elle perdait énormément de sang sans qu’on sache pourquoi.
- Vampire…, murmure Daniel.
- De quoi vampire ?
- Il boit du sang et tous les autres trucs se rapportent à ça, c’est un vampire Jonah, j’en suis sûr.
- Attends, tu es sûr que tu ne regardes pas trop la télé et les films d’horreur ?
- Crois-moi ou pas, mais ce n’est pas rare que des enquêtes restent non résolues, surtout quand il s’agit d’attaques « animales » et comme par hasard les morsures sont au niveau du cou, et les victimes sont toutes drainées d’une bonne partie de leur sang. J’avoue que je n’avais jamais cru à toutes ces théories sur le vampirisme mais là, c’est difficile de ne pas y croire.
Ils se regardent tous tour à tour. Un sentiment d’inquiétude flotte dans la pièce. L’atmosphère devient pesante.
- Cette chose est un monstre. On ne peut pas le garder ! s’écrie Daniel qui retrouve enfin ses moyens.
- Mais c’est notre fils. Il est inoffensif ! rétorque Corinne.
- C'est un bébé pour l'instant, mais pense à quand il sera adulte ! C’est un prédateur ! Il est fait pour tuer !
- Il nous aimera, j’en suis certaine, nous sommes ses parents.
- Ce genre de monstre n’éprouve aucun sentiment ! Ils n’ont pas une seule lueur de gentillesse dans leur cœur !
- Arrête Daniel ! Arrête ! Arrête, ça suffit ! C’est notre fils ! Il est là un point c’est tout ! Je l’aime déjà ! Je ne t’ai jamais vu comme ça. Je croyais que tu détestais les personnes qui jugent avant de savoir ! Tu me fais honte ! Tu me déçois ! Qui est-ce qui t’as dit tout ça ? Tu ne sais rien sur les vampires ! Rien du tout ! Moi je vais essayer d’apprendre à le connaître ! Je compte l’élever comme Camille et David ! Qui sait, peut-être qu’on arrivera à lui apprendre à se contrôler. Alors maintenant c'est simple, soit tu changes d'avis et de comportement vis-à-vis de notre enfant, soit ce n'est plus la peine de m'adresser la parole ! hurle Corinne en éclatant en sanglots et en serrant le petit être qu'elle tient dans ses bras.
Daniel reste bouche bée. Il n’a jamais vu sa femme se mettre dans un tel état. Il capitule.
- Excuse-moi mon amour, je suis désolé, je ne devrais pas réagir comme ça. J’ai juste peur, c’est de ma faute si tout ça arrive… Pardonne-moi, dit-il en se levant et en prenant sa femme dans ses bras.
Corinne se calme et embrasse Daniel.
- Arrête de dire que tout est de ta faute. C’est plutôt une bonne chose d’être à nouveau parents. Johnny est peut-être différent, et alors ? On l’aimera autant que Camille et David.
- Oui t’as raison, je t’aime, sans toi je condamnais Johnny sans avoir essayé de le connaître, je suis désolé.
Il dépose un baiser sur le front du nouveau-né qui dort paisiblement dans les bras de sa mère. Jonah observe la scène sans dire un mot. Il sourit et prend la parole :
- Moi aussi je suis prêt à vous aider. Après tout quoi de mieux pour un médecin que de vivre avec un être immortel.
Les trois adultes se regardent mutuellement et se mettent à rire.
Et voici mon deuxième roman : Quand l'agneau malheureux devient loup amoureux. Celui-ci traite d'un sujet qui me révolte (je pense que vous trouverez lequel dans le résumé). Le début est plutôt très réaliste mais je bascule très vite dans le fantastique. Voici le résumé :
Ian est un adolescent solitaire, timide et qui garde un lourd secret qui l'empêche de vivre correctement. Son père, un riche homme d'affaires, le maltraite physiquement. De plus Ian tombe amoureux de Mathias, un jeune homme de 20 ans. Comment annoncer à son père qu'on est homosexuel sachant qu'il est homophobe ? Alors qu'il s'épanouit un peu grâce à l'amour que lui porte Mathias, il arrive un drame qui va changer le cours des choses à jamais... L'heure de la vengeance a sonné...
Un extrait :
Chapitre 1, première partie : Humiliation
Ian :
Cher Journal,
Nous sommes le 1er septembre. Aujourd’hui j’ai quinze ans et je crois que j’aurais préféré ne pas les avoir. Chaque jour pour moi est synonyme de souffrance. Comme tu le sais, j’ai déjà pensé plusieurs fois à mettre fin à tout ça. M’ouvrir les veines, ingérer des médicaments, envisager la pendaison, me jeter par la fenêtre et j’en passe mais je n’arrive jamais au bout. A croire que je tiens plus à cette vie que ce que je ne le pensais. Pourtant elle ne m’a jamais fait de cadeau… Ma mère me manque mais ce n’est pas en pleurant que je la ferai revenir… J’aimerais tellement avoir une famille normale. Un père aimant et une mère toujours là pour s’occuper de moi. Je sais que ça faisait deux mois que je ne t’avais pas parlé, depuis que maman est morte dans cet accident de voiture…
Depuis, j’ai constamment peur parce que personne n’est là pour me protéger de mon père. Enfin heureusement c’est bientôt la reprise des cours, je n’aurai plus à rester à la maison, attendre qu’il rentre et qu’il passe sa colère en me frappant. Avant, quand maman était là, ça allait mieux, elle prenait soin de moi et me réconfortait quand mon père s’était défoulé sur moi. Maintenant, je prends sur moi et je garde tout dans mon cœur, j’ai mal, j’aimerais qu’on m’aide mais je ne peux pas en parler, si Francis l’apprenait, il me tuerait. Au moins je n’aurais plus à le supporter s’il le faisait. Mais mon père est sadique et aime me voir souffrir. La vie est injuste.
Sinon comme bonne nouvelle, au moins une dans ma maudite vie, nous avons déménagé. Mon père ne trouvait pas sa maison assez grande, il a décidé d’acheter une villa, à Chester, un endroit mi-ville, mi-campagne. Ça se situe dans le Sud de la France. Nous avons beaucoup de terrain, il y a aussi une grande piscine. La maison est gigantesque : énormément de pièces, je m’y perds un peu je l’avoue. Les façades sont blanches, il y a un grand balcon. Nous avons aussi une terrasse avec une grande table et un barbecue. Il y a trois chambres : celle de mon père, une pour les amis et la mienne. Celle qui m’appartient est très grande, il y a un lit deux places posé sur un lino blanc, une petite table de nuit en bois noir avec une lampe. J’ai aussi une armoire et une penderie, aussi en bois noir qui ressortent bien sur les murs blancs cassés. De grands rideaux séparent la pièce où est mon lit de celle de mon bureau où l’on trouve une table avec son siège et mon ordinateur, deux fauteuils et une petite commode. Chaque chambre a sa salle de bain. La mienne est sublime. La villa est aussi équipée d’une belle cuisine et d’un grand salon meublé luxueusement.
Déménagement veut aussi dire nouvelle école, tant mieux parce qu’à l’ancienne, à part me faire encore plus frapper, je ne vois pas ce que j’y faisais. Ils ont tous le même âge mental et moi ça m’énerve, un vrai comportement de gamin. J’espère que dans le lycée où je serai ils me laisseront tranquille. Bien sûr je ne compte pas me faire des amis : qui pourrait bien vouloir d’un garçon complètement dérangé comme moi et qui ne sert à rien ? Franchement, je n’ai jamais eu de copain. De toute façon je ne cherche pas à en avoir, je veux juste qu’on m’oublie, qu’on me laisse faire ce que j’ai à faire c'est-à-dire apprendre. Le reste a peu, voire pas, d’importance. Travailler, c’est la seule chose qui compte à mes yeux, ça me permet de me vider la tête et de penser à autre chose pendant un moment pour après replonger dans cet univers cruel.
Je vais te laisser, j’entends le portail se refermer, c’est sûrement Francis. Merci de m’écouter, tu es bien le seul qui le fait et à qui je peux dire tout ce que je ressens.
Je ferme mon Journal intime et le planque sous le matelas de mon lit. Je sors de ma chambre et descends les escaliers lentement. Mon estomac commence à me faire mal, j’ai peur, j’espère que je me trompe et que ce n’est pas mon père qui est rentré du travail. Malheureusement la petite lueur d’espoir s’efface rapidement quand j’aperçois Francis debout dans le salon. Mon père est un riche homme d’affaires. Il est toujours habillé en costard ce qui lui donne un air encore plus sévère. Ses cheveux noirs et frisés, sa peau mate, sa cicatrice sur le côté gauche de sa tête qui part de sa bouche et finit sur ses tempes, je connais trop bien cette figure. Ses yeux noirs me fixent : il m’a vu. Son regard jette un sentiment de colère sur moi. Qu’est-ce que j’ai bien pu faire qui ne va pas ? Je me demande ça mais je sais qu’il va me le dire. Il me fait signe d’approcher. Je me dirige vers lui, tout penaud.
- C’est ton anniversaire aujourd’hui il me semble ?
- Oui, père.
- Bien, quel âge as-tu ? Quatorze ? Quinze ans ?
- Quinze ans.
- J’ai un cadeau pour toi, me dit-il avec un sourire aux lèvres.
Je le regarde, ébahi, je ne sais pas quoi dire. Il ne m’a jamais fait de cadeau et là, il me dit qu’il a quelque chose pour moi. Je n’ose pas lui sourire. Je me contente seulement de le regarder.
- Tu veux savoir ce que cela peut bien être ? me demande-t-il gentiment.
Je hoche la tête à l’affirmative. Il éclate de rire, je ne comprends pas. Il sort quelque-chose de derrière son dos. Une ceinture, sa ceinture !
- Tu croyais vraiment que j’allais te donner quelque chose ? Qu’est-ce que tu peux être idiot, je me demande comment tu fais, comment tu peux être mon fils ? Moi, t’offrir quelque chose ? Tu y croyais en plus avec ce regard plein d’espérance.
Je craque, des larmes coulent, je renifle et essaie de les retenir, pour que mon père ne s’en rende pas compte. Je ne vois pas venir la gifle de mon père et je tombe sous la violence du coup.
- Ah non, tu sais très bien que je déteste te voir pleurer comme un enfant de cinq ans ! Tu me fais honte ! Tu n’es qu’un bon à rien ! hurle-t-il.
Comme je le craignais, il déroule sa ceinture et commence à me frapper avec. Je me recroqueville. Je ne sers qu’à ça, satisfaire mon père pour qu’il évacue toute cette violence qui est en lui. Il m’ôte ma chemise pour que les coups m’entaillent mieux la peau, pour que je retienne mieux la leçon. Du sang commence à couler sur les plaies qu’il me laisse. Puis mon père me relève, il me baisse mon pantalon puis mon caleçon. J’ai honte, il va recommencer, il me fait mal de toutes les manières qu’il peut. Celle-ci est celle qui m’atteint le plus, le viol. Je ne peux faire qu’une chose, me laisser faire, je n’ai pas le choix…
Chapitre 1, deuxième partie : Mathias
Mathias :
J’ai passé l’après-midi à la plage avec Lucie et Julien. Mes parents ont enfin accepté de m’inscrire dans une École de musique. Le piano, la guitare et la batterie, voilà ce que j’aime. Je vais suivre des cours, ça sera déjà plus sérieux que d’apprendre tout seul. Au volant de ma Volkswagen bora noire, je me dis que demain, il va falloir que j’amène mon frère, Mathéo, et ma sœur, Maélis au lycée. Demain c’est la rentrée pour eux, les pauvres. Il n’y a pas beaucoup d’élèves dans cet établissement mais les cours sont plutôt biens. Les lycéens se connaissent à peu près tous entre eux. Moi je n’ai cours que les mardis et vendredis de 16h à 18h30. Je me gare sur le trottoir en face de notre maison. Nous habitons juste à la sortie de la ville. Notre habitation est de taille moyenne. De jolies façades roses pâles et une petite cour à l’avant de la maison. Voilà ce qu’on voit de la rue. A l’arrière, un jardin, lui aussi de taille moyenne. Je franchis le petit portillon, pénètre dans la cour et la traverse, j’ouvre la porte.
- C’est Mathias ! crié-je pour me faire entendre.
J’aperçois la tête de ma mère, avec ses longs cheveux bruns sur les épaules, ce sourire éclatant et ses beaux yeux verts plein de malice, qui me dévisage. Elle se tient dans l'encadrement de la porte de la cuisine.
- Ton après-midi s’est bien passé ?
- Oui, très bien merci. J’étais à la plage avec Lulu et Ju’.
- Bien, dis-moi demain est-ce que tu pourras amener Mathéo et Maélis au lycée s’il te plaît ?
Je m’en doutais qu’elle allait me demander ça.
- Oui bien sûr. Ils prennent les cours à quelle heure ?
- 13h30, il me semble, tu leur demanderas si c’est bien ça.
- Ok, pas de problème.
Ma mère s’approche de moi et me dépose un baiser sur la joue. J’ai toujours été plus proche de ma maman que de mon père. Nous sommes très complices. C’est à elle que j’ai osé parler de mon homosexualité en premier, j’avais un peu peur de la réaction de mon père qui finalement l’a pris normalement, comme si je lui avais dit : « Papa, je vais à la plage avec des amis ». D’ailleurs ça m’a soulagé. Enfin ça c’était il y a quatre ans, quand je n’avais encore que quatorze ans. Maintenant je m’assume complètement, je m’affiche même en public avec mon petit copain, quand j’en ai un bien entendu, ce qui n’est pas le cas en ce moment.
Je décide d’aller prendre une bonne douche, après tout je me suis quand même baigné aujourd’hui. Et ça ne me fera pas de mal. Je me dirige donc vers la salle de bain.
Chapitre 2, première partie : Ce garçon n’est personne d’autre que moi
Ian :
Mon père vient de remonter sa braguette. Il arbore un air satisfait. J’attends qu’il quitte la pièce, en essayant de stopper mes sanglots qui m’empêchent de respirer correctement. Il se décide finalement à aller dans la cuisine. Je me relève difficilement. Ma jolie chemise crème que maman m’avait offerte est en lambeaux et maculée de sang bien que mon père me l’ait ôtée. Mes plaies me brûlent, j’ai mal. J’enfile mon pantalon sans prendre la peine de remettre mon caleçon, j’ai trop honte. J’attrape ce qu’il reste de mon haut. J’essaie de ne pas me faire remarquer par mon père en montant les escaliers. Une fois arrivé à l’étage je me dirige dans ma salle de bain. J’ai une vilaine marque sur la joue droite. J’ai des blessures partout sur le corps : les bras, les jambes, le dos, le ventre, les fesses. Avec tout ce sang sur moi j’ai aussi du sperme, dû aux débauches sexuelles de mon père. Je me regarde un peu mieux dans le miroir, je ne ressemble plus à rien. Ces traces de coups, ces cicatrices qui me suivront toute ma vie, je suis un peu trop maigre, je ne suis pas bien grand, je n’ai vraiment pas le physique d’un jeune homme de quinze ans. Je nettoie un peu mes plaies avec un gant et de l’eau. Ensuite je choisis un nouveau pantalon, je ne mets toujours pas de sous-vêtement, si mon père revenait à la charge, je ne ressentirais plus cette humiliation que je subis quand il baisse mon caleçon, le pantalon c’est différent. Quand on m’enlève mon slip c’est comme violer mon intimité, ma pudeur. On se dit peut-être qu’à force on a l’habitude de sentir ça mais non, sachant que mon père me viole depuis que j’ai onze ans, j’ai déjà eu cette expérience plusieurs fois pour vous dire qu’on éprouve toujours ce mal-être, cette peur, cette souffrance et encore tout un tas d’émotions qu’on ne préfère pas endurer. Je n’arrive même pas à trouver un mot pour décrire ce sentiment que je ressens lors de ces sévices sexuels. Rien que d’y penser mon mal de ventre me reprend, j’ai la tête qui tourne, des larmes essaient de couler de mes yeux qui ont trop pleuré. Il faut que j’en parle, que je vide mon cœur. Je me dirige alors vers mon Journal intime, l’ouvre et reprends là où je m’étais arrêté avant que mon père arrive et s’en prenne à moi.
Excuse-moi d’être parti, cher Journal mais il le fallait. Je préfère me présenter à mon père pour qu’il passe sa colère sur moi plutôt que ce soit lui qui vienne dans ma chambre parce que dans ce cas j’ai droit à une furie sans fin. J’ai mal, aussi bien physiquement que moralement. J’ai été trop bête de penser que mon père pouvait être gentil et m’offrir un cadeau, il a profité du seul jour auquel je tiens vraiment pour me maltraiter psychologiquement. Je me demande ce qui est le plus douloureux, les coups de ceinture ou les blessures au cœur ? Même moi je n’ai pas de réponse. J’ai beau avoir le corps souillé et le cœur en mille morceaux je souffre toujours autant. Résultat de tout ça, je me déteste. Dès qu’on fait un geste trop brusque je cache mon visage avec mon bras, quand on me touche, je sursaute. J’aimerais tellement que cet enfer se termine… Je suis perdu, je ne sais pas quoi faire. Je ne sais qu’une chose : j’ai mal, je ne suis plus rien, juste un garçon qui a perdu la pureté de son âme le jour où son père a levé la main sur lui et a abusé de son corps… J’ai l’impression de parler d’un inconnu alors que ce garçon, ce n’est personne d’autre que moi… Je ne me reconnais même pas…
Je vais te laisser, ma vision s’est brouillée à cause des larmes et puis demain je vais à l’école, qu’est-ce qu’on va pouvoir se moquer de moi avec cette balafre sur la joue… Enfin j’ai l’habitude. Encore merci de m’avoir écouté.
Au plaisir de remplir tes feuilles blanches avec ce que j’ai sur le cœur…
Chapitre 2, deuxième partie : Coup de foudre
Ian :
Mon réveil sonne à midi. Je l’arrête, son bruit strident me donne mal à la tête. J’ouvre les yeux. Je me redresse difficilement dans mon lit, les blessures d’hier sont encore douloureuses. Je descends dans la cuisine, saisis un bol, attrape le paquet de céréales et la bouteille de lait. Je me dirige dans la salle à manger et m’installe. Mon père est déjà parti au travail. Je me dépêche d’avaler mon petit-déjeuner. Je n’ai pas envie de me préparer un repas convenable. Je retourne dans ma chambre, quitte mon pyjama et enfile un beau jean couleur stone tout neuf ainsi qu’une chemise noire. Le noir c’est ma couleur de prédilection. Noir comme la nuit, le seul moment où mon père ne s’en prend pas à moi, il a autre chose à faire comme dormir, travailler ou encore ramener une prostituée à la maison… Il faut dire, maman il l’a vite oubliée, sachant qu’il la battait aussi, quand je ne m’interposais pas et me prenais les coups à la place de ma mère. A l’époque j’étais plus courageux que maintenant, je tenais beaucoup à ma mère et acceptais de me faire battre à sa place. Maintenant qu’elle n’est plus là, je n’ai plus de raison de vivre mais je sais qu’elle n’aurait pas apprécié que je mette fin à mes jours alors je vivote. Je vais dans la salle de bain. Finalement, la blessure à la joue n’est pas très voyante maintenant qu’elle ne saigne plus. Ce n’est pas très beau mais bon. Je regarde l’heure, déjà 13h. Je redescends les escaliers, attrape mon sac et ma veste et me décide de me mettre en route pour le lycée. C’est à un bon quart d’heure de marche.
J’arrive à l’école sans problème. J’attends devant l’entrée. Tout le monde me dévisage, effectivement c’est un petit établissement et vu que je suis nouveau, on se pose des questions sur moi. Je trouve finalement un coin tranquille. Je sors mon Journal intime de mon cartable et l’ouvre. J’ai envie de parler à mon confident.
Cher Journal,
Je suis devant le lycée, les regards se tournent vers moi quand je passe, enfin c’est normal je suis nouveau. J’ai un besoin urgent de te parler, je n’ai qu’un quart d’heure mais ce sera suffisant. J’ai fait un cauchemar hier soir. Je revivais l’accident de voiture. J’étais dans la voiture, à l’avant avec maman. On discutait, on riait, nous étions heureux rien que tous les deux. Nous roulions sur l’autoroute donc assez rapidement. Puis tout est allé très vite. Le volant a fait un drôle de bruit et la voiture a bifurqué violemment sur la droite. Maman a essayé de stopper le véhicule mais les freins ne répondaient plus. Nous avons atterri dans le décor. J’avais perdu connaissance à ce moment-là et puis je me suis réveillé.
Tu veux sûrement savoir la suite ? J’ai repris conscience à l’hôpital, j’avais fait deux semaines de coma. La première chose que j’ai demandé c’était : « Où est ma maman ? » Les médecins ne m’ont pas répondu tout de suite alors j’ai insisté. Ils ont fini par dire qu’elle était morte sur le coup. J’ai eu l’impression qu’on m’enfonçait un couteau dans le cœur. Je suis rentré la semaine d’après à la maison. Mon père n’est jamais venu me voir à l’hôpital, c’est l’un de ses chauffeurs qui est venu me chercher. La première chose que mon père a faite quand je suis rentré c’est me battre. A la fin il m’a dit ces mots qui ont fait l’effet d’une bombe atomique dans mon cœur déjà en miette : « Tu sais l’accident que tu as eu avec ta mère, il était voulu, c’est moi qui ai trafiqué la voiture. Je voulais que ta mère meurt, je ne supportais plus de la voir prendre soin de toi et d’ailleurs c’est dommage que tu ais survécu, je pensais que tu crèverais… ».
Et voilà, je me remets à pleurer, après tout c’est normal, non ? Quand on apprend que son père est un monstre et qu’il a tué la personne qui comptait le plus au monde pour moi. Je le hais, je le déteste, j’aimerais le tuer mais que faire ? Je suis trop jeune, trop fragile pour le faire. Tu n’as pas d’idées toi ?
Bon je vais te laisser, il ne me reste plus que cinq minutes, je stresse un petit peu mais bon. A ce soir, mon cher confident qui sait garder mes secrets mieux que personne.
Je ferme mon Journal et relève la tête. Là c’est le coup de foudre. Un homme, d’une vingtaine d’années, vient de sortir de sa voiture, une Volkswagen il me semble et se tient à quelques mètres de moi. Il a des cheveux courts et châtains. Il arbore un grand sourire qui me fait craquer. Ses yeux brillent tels deux émeraudes. Son regard est rempli de malice. Il a l’air heureux. Je baisse un peu les yeux pour inspecter le reste de son corps. Il est plutôt grand. Sous son T-shirt moulant blanc on peut voir de beaux muscles saillants se dessiner. Un vrai corps d’athlète. Sous son jean on peut entrevoir de longues jambes. Il regarde soudainement dans ma direction, je baisse la tête. Je sens mes joues rougir. Les deux adolescents qui étaient avec mon Apollon se dirigent vers moi, je fais semblant de me plonger dans la lecture de mon Journal que je tiens encore dans les mains.
- Salut tu t’appelles comment ? me lance la voix enjouée de la jeune fille qui était avec cet homme à la beauté parfaite.
J'ai commencé mon troisième livre qui a pour titre : Dans la noirceur de mon cœur. Voici le résumé et mon prologue :
Résumé :
A huit ans Daylan est profondément perturbé par un accident tragique survenu dans sa famille. Ce qu’il a vu le transforme complètement et le rend violent, incontrôlable et autoritaire. Il n’en fait vraiment qu’à sa tête. Quatre ans après le drame Daylan est placé dans un centre spécialisé suite à des actes de fureur extrême. Maintenant Daylan a seize ans. Beau, grand, séducteur avéré, il a tout pour plaire. Mais il est toujours aussi brutal envers sa famille. Sa mère lui révèle un lourd secret de famille : il a été adopté et sa vraie mère cherche à le revoir. A partir de ce moment là il enchaîne mensonge sur mensonge pour cacher la partie la plus noire de son cœur... Jusqu'à ce qu'un certain Miles fasse irruption dans sa vie. Lui qui se croyait incapable d'éprouver de l'amour... Mais si son destin avait déjà décidé que son passé le rattraperait sans qu’il s’en rende compte et qu’il verrait la mort de très prêt ?